Les aventures d’une écrivaine et de son parapluie
Je devais partir pour Québec avant-hier, avant que la tempête s’abatte sur nous, mais j’ai choisi d’aller voir une comédie musicale dans laquelle ma fille joue avec une troupe de son collège. J’ai donc pris le bus hier, en pleine tourmente, mais comme je n’avais pas encore déjeuné, j’ai décidé d’acheter un sandwich et un cappucino dans un resto avant de monter à bord.
J’étais fière de moi : j’avais apporté peu de bagages : un sac à dos, dans lequel j’avais savamment roulé un veston, une robe et quelques vêtements de rechange, et une mallette dans lequel se trouvait mon ordi portable et un livre. Mais, en prévision de la neige et du grésil mêlé de pluie verglaçante qu’on annonçait sur toutes les tribunes, je me suis également munie d’un parapluie, ce qui m’éviterait, pensai-je, de me mouiller les cheveux – que je venais de faire coiffer pour faire bonne figure au Salon du livre de Québec.
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Or, ce petit instrument à l’apparence inoffensive m’a causé bien des ennuis ! Porter un sac à dos et tenir sa mallette dans une main, tout va bien. Tenir un café muni d’un couvercle dans l’autre main, passe encore. Mais ajouter un parapluie à l’équation, et c’est le début d’une valse-hésitation qui mène inévitablement à des problèmes.
Dans un premier temps, j’ai tenté de tenir mon parapluie ET le café dans la main droite, ce qui s’est avéré une mission impossible. J’aurais dû boire le café sur place, mais j’avais en tête d’attendre d’être assise bien tranquillement dans l’autobus, sans compter que je ne voulais pas arriver en retard et le manquer… J’ai donc demandé un sac, dans lequel j’ai placé sandwich et café.
Une fois dehors, j’ai réussi à ouvrir mon parapluie, ce qui n’était déjà pas une mince affaire, mais une bourrasque a retourné mon parapluie à l’envers, et une neige mouillée en a profité pour se jeter sur mes cheveux, défaisant les prouesses de ma coiffeuse le temps de le dire. Je me suis tournée dans le sens du vent pour que le parapluie se replace, mais une voiture, qui roulait rapidement sur la chaussée, m’a aspergée de slush. Le couvercle de mon café en a profité pour se détacher, et le liquide s’est répandu dans le sac, mouillant irrémédiablement mon sandwich, devenu du coup immangeable.
Lorsque je me suis enfin assise dans l’autobus, je me suis dit qu’il aurait été beaucoup plus simple de porter un manteau à capuchon que d’apporter ce méchant parapluie…
Me voilà installée dans la salle à manger d’une amie de Québec qui m’a gentiment prêté son appartement pour le week-end. Je regarde les flocons tomber doucement de la fenêtre tout en buvant un café bien chaud, à l’abri des intempéries. Dans quelques heures, je me rendrai à pied au Salon du livre de Québec, où la chaleur des lecteurs aura fait fondre la neige.